A Place Further than the Universe – invitation au voyage

Voyager a la cote ces derniers temps. Peut-être que je passe trop de temps sur les réseaux sociaux, ou qu’il s’agit d’une tendance que l’on remarque particulièrement sur Tinder, mais il me semble qu’il s’agit de la nouvelle astuce des gens pour se sentir supérieur aux autres.

C’est bien simple : si tu ne voyages pas, tu es un idiot. C’est plus ou moins le message sous-entendu de la plupart des posts de la sorte que je croise. Je trouve cela incroyable : ces gens n’ont-ils pas conscience que voyager reste, pour la majeure partie des gens, un luxe ? Qu’il s’agit d’un immense budget que peu de personnes peuvent se permettre d’avoir ?

Aussi, lorsque Manga Sûr a recommandé A Place Further than the Universe — un anime parlant de ne pas gâcher ses jeunes années en restant chez soi — je partais avec un a priori. « Allez, encore une occasion de cracher sur les pauvres » me suis-je surpris à me dire, enfermé dans mon cynisme.

Plus loin que la nuit et le jour

Cynisme et anime ne font toutefois jamais bon ménage. Après avoir terminé les 13 épisodes de la série sur Crunchyroll, je ne peux que vous inciter à y jeter un œil. On suit là les aventures de 4 lycéennes de la formation de leur groupe à leur départ pour le Pôle Sud, avec en fil rouge l’une d’entre elles qui a perdu sa mère lors d’une expédition des années plus tôt.

Si la série invite au voyage, elle est loin de le faire avec condescendance. Elle en présente simplement les « bénéfices » (pour ainsi dire) par le biais de la perspective de ce jeune groupe qui apprend à se connaître, se lie d’amitié et vit une aventure émotionnellement forte.

Nous n’avons bien sûr pas affaire à un drame lourd : il existe une naïveté ambiante dans A Place Further than the Universe. Mais ce ton colle parfaitement avec l’idée de voyager, ne trouvez-vous pas ? N’est-ce pas là le contexte dans lequel on peut oublier être un adulte à responsabilité, et simplement s’émerveiller de l’inconnu ? Malgré tout, cet anime sait être poignant : ses personnages sont des archétypes, certes, mais assez bien écrits pour que l’on s’y attache rapidement. J’ai d’ailleurs pleuré à chaudes larmes lors d’un passage particulièrement émouvant.

Retranscrire un tel pèlerinage sans de superbes dessins et une qualité d’animation au-dessus du lot serait bien dommage. Fort heureusement, c’est le studio Madhouse qui s’est chargé de cet anime et a pris le temps de parfaire sa copie : la série est graphiquement sublime, un vrai régal pour les yeux. Si glacé que puisse être le Pôle Sud, la chaleur qui émane de cette production nous englobe dans un petit cocon rassurant et confortable.

Bref, un anime qui fait du bien au cœur et à l’âme, et sait parler de voyage sans faire du mépris de classe (je te toise, internet). Je vous en recommande chaudement le visionnage.

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