Aggretsuko – métro, boulot, aggro

J’ai mis quelque temps avant de comprendre que nous subissons tous la même chose au quotidien. Nous avons tous connu des situations professionnelles plus qu’avilissantes, où le simple son répété du réveil à 7 heures du matin peut nous détruire à petit feu.

Je ne sais même pas si l’on s’habitue à cette situation un jour, qu’importe le travail. Ceci étant, il est bon de décompresser. Et pour cela, rien de mieux que de regarder Aggretsuko, un anime relativement court disponible sur Netflix. C’est d’ailleurs une production originale du studio, basé sur le personnage créé par Sanrio.

L’esthétique vous rappelle quelque chose ? C’est normal : Sanrio est l’entreprise ayant créé, entre autres, Hello Kitty. Loin toutefois des canons antiques représentés par sa collègue de la même firme, Retsuko — notre personnage principal — est une panda roux de 25 ans subissant la routine et les abus de son travail de comptable au sein d’une grande entreprise.

Pour réussir à surmonter la pression d’un gros porc de patron (littéralement) et d’une vie qui n’a rien de bien grandiose, elle a une échappatoire : un karaoké dans lequel elle hurle à tue-tête sur du death metal. D’où le nom de la série : Aggretsuko, réduction de Aggressive Retsuko.

Hello Kitty et la cruauté du monde moderne

J’avais déjà vu passer cette nouvelle création de Sanrio sur mon flux Twitter il y a bien longtemps, mais j’étais loin d’imaginer qu’elle passerait par la case adaptation en animé. Je m’y suis donc plongé en pensant voir une succession de sketchs amusants où le ressort principal serait justement cette dualité entre la Retsuko très calme et, disons-le, docile du travail et la boule de rage du karaoké.

Et c’est… loin d’être le cas. Cette transformation est surtout traitée comme un moyen pour nous de pénétrer la conscience du personnage et son jardin secret. Il ne s’agit pas de nous faire nécessairement rire d’une manière absurde, mais plutôt de faire tomber le masque de la politesse et du relationnel pour faire s’exprimer des sentiments de frustration, de colère et de peur puissants et terriblement humains.

Plus qu’une petite série amusante (et elle l’est beaucoup, au demeurant), Aggretsuko aura pour moi été une petite catharsis me permettant de me rappeler que toutes ces questions que j’ai pu et peux me poser au quotidien sont autant de pensées que de nombreuses personnes de par le monde ressentent… et subissent.

Pour beaucoup, selon les personnalités bien sûr, l’environnement de travail est une jungle dans laquelle seuls les plus forts survivent. Une violence qui s’exprime par bien des manières, et particulièrement pour une jeune femme — pardon, panda roux — n’étant pas elle-même certaine de la direction à prendre, n’ayant pas idée de l’avenir auquel elle aspire ni même conscience de ses forces et faiblesses.

Si Retsuko passe au karaoké pour exprimer toutes ces émotions, Aggretsuko est un bon moyen pour nous autres de nous épancher sur les mêmes douleurs.

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