Chapitre 8 : intimité

Pas l’habitude de ce format d’écriture particulier. Désolé si c’est à chier. Aussi : ça passe mal sur mobile.

          INT. CHAMBRE DE LA FEMME - NUIT                                  
                                                                           
          Une chambre plongée dans la pénombre, où traînent de             
          nombreuses affaires posées çà et là. On voit au bout de          
          celle-ci une porte où s’allume une lumière blanche dans ses      
          rainures. On y discerne l’ombre des pieds de quelqu’un, qui      
          l’ouvre doucement.                                               
                                                                           
          Un HOMME se tient au pas de la porte, dont on ne distingue       
          que la silhouette entourée d’un halo de lumière. On entend       
          au fond la respiration profonde d’une personne qui dort.         
          L’HOMME ferme doucement la porte en faisant attention de ne      
          pas faire de bruit, et enlève son manteau qu’il accroche au      
          porte-manteau à sa droite. Tout est alors plongé dans la         
          pénombre.                                                        
                                                                           
          Il fait froid. La lente respiration de l’HOMME provoque de       
          la fumée. Son manteau posé, il remarque que la fenêtre non       
          loin est ouverte. Il s’approche à pas de loup de celle-ci        
          pour la refermer.                                                
                                                                           
          Sa main se tend vers de la poignée de la fenêtre.                
                                                                           
                                                                           
          EXT. TERRASSE DE BAR - JOUR                                      
                                                                           
          L’HOMME et la FEMME sont assis à la terrasse d’un café           
          quelconque. Ils ont devant eux deux pintes de bière et des       
          cigarettes. C’est un après-midi hivernal classique.              
                                                                           
          La FEMME regarde droit dans les yeux l’HOMME. Son regard est     
          franc. Elle a de l’assurance.                                    
                                                                           
                              FEMME                                        
                         (défiante)                                        
                    On est potes, n’est-ce pas ?                           
                                                                           
                                                                           
          INT. CHAMBRE DE LA FEMME - NUIT                                  
                                                                           
          La fenêtre est fermée. L’HOMME se retourne et regarde la         
          pièce. On voit la FEMME dormir à poings fermés, en position      
          fœtale sur la gauche d’un grand lit. La seconde partie du        
          lit est libre, clairement dédiée à l’HOMME. Sa lente             
          respiration fait monter et descendre les draps la                
          recouvrant.                                                      
                                                                           
          L’HOMME contemple la chambre. Il remarque alors que son          
          manteau posé sur le porte-manteau donne l’impression qu’une      
          silhouette dressée au coin de la pièce les regarde tous          
          deux.                                                            
                                                                           
                                                                           
          INT. CHAMBRE DE LA FEMME - JOUR                                  
                                                                           
          La même chambre, bien rangée, au levée du soleil. L’HOMME et     
          la FEMME sont assoupis sous les draps.                           
                                                                           
          La FEMME se réveille en sursaut, visiblement terrifiée, et       
          hurle et frappe dans les airs. L’HOMME suit rapidement et        
          s’empresse d’essayer de la calmer.                               
                                                                           
                              HOMME                                        
                         (doux et calme)                                   
                    C’est un cauchemar chat                                
                                                                           
          La FEMME continue de hurler. L’HOMME tente de se saisir          
          doucement de ses bras pour la ramener vers elle, et se fait      
          frapper du même temps sans qu’il ne s’arrête.                    
                                                                           
                              HOMME                                        
                    C’est moi chat, c’est vraiment moi.                    
                                                                           
          La FEMME se calme petit à petit, et commence lentement à         
          accepter l’étreinte de l’HOMME.                                  
                                                                           
                              HOMME                                        
                    C’était simplement un cauchemar,                       
                    tout va bien. Calme-toi. je suis                       
                    là.                                                    
                                                                           
          Elle murmure quelque chose d’indiscernable et, toujours          
          enlacés, l’HOMME et la FEMME se rallongent lentement.            
                                                                           
                                                                           
          INT. CHAMBRE DE LA FEMME - NUIT                                  
                                                                           
          L’HOMME réarrange son manteau de manière à ce que la forme       
          qu’il crée ne soit qu’une boule. On entend toujours la           
          respiration de la FEMME, calme et profondément endormie. Il      
          reprend son chemin vers le lit, en faisant toujours              
          extrêmement attention à ne pas faire le moindre bruit.           
                                                                           
          Le désordre environnant rend sa démarche compliquée. Après       
          quelques pas, on l’entend réprimer un son de douleur. Un         
          bruit de verre brisé accompagne son dernier pas.                 
                                                                           
                                                                           
          INT. VERANDA - JOUR                                              
                                                                           
          La véranda d’une grande maison campagnarde. On la devine         
          familiale par le mobilier, qui intègre de nombreux fauteuils     
          autour d’une large table destinée à accueillir de nombreux       
          convives. Des plantes vertes sont apposées partout, et les       
          murs sont largement décorés avec des photos de famille qu’on     
          ne peut pas discerner. L’ambiance est ancienne mais              
          chaleureuse.                                                     
                                                                           
          La FEMME, habillée avec soin, réprime ses larmes au centre       
          de la véranda, visiblement bouleversée. Elle fume                
          nerveusement une cigarette. L’HOMME, lui-même sur son 31,        
          pénètre dans la véranda et s’approche de la FEMME qu’il          
          enlace lentement par le dos, posant ses mains sur son            
          ventre.                                                          
                                                                           
                              FEMME                                        
                         (troublée)                                        
                    Je suis juste une merde en fait.                       
                                                                           
                              HOMME                                        
                         (rassurant)                                       
                    Ne dis pas ça.                                         
                                                                           
                              FEMME                                        
                    C’est vrai pourtant. Je l’ai déçu,                     
                    encore. Pas foutue de faire juste                      
                    ce qu’on me demande comme prévu.                       
                                                                           
                              HOMME                                        
                    On en a déjà parlé... Peut-être que                    
                    ça ne te correspond juste pas.                         
                                                                           
                              FEMME                                        
                         (doucement agacée)                                
                    Et alors ?                                             
                                                                           
                              HOMME                                        
                    Et alors il ne veut sûrement que                       
                    ton bien et va bien finir par                          
                    comprendre.                                            
                                                                           
                              FEMME                                        
                         (agacée)                                          
                    T’as aucune idée de ce que c’est.                      
                                                                           
                              HOMME                                        
                    Non. Mais je sais ce que tu fais,                      
                    et je sais ce que tu vaux.                             
                                                                           
                              FEMME                                        
                         (ironisant)                                       
                    Cool.                                                  
                                                                           
                              HOMME                                        
                    Hey.                                                   
                                                                           
          L’HOMME renforce son étreinte et loge sa tête dans son cou.      
          La FEMME ne le repousse pas, mais ses sourcils sont              
          légèrement froncés.                                              
                                                                           
                              HOMME                                        
                    T’es une femme géniale. T’as besoin                    
                    de l’approbation de personne pour                      
                    que ce soit le cas : tes actions                       
                    parlent pour toi.                                      
                                                                           
          La FEMME appose ses mains sur celles de l’HOMME.                 
                                                                           
                                                                           
          INT. CHAMBRE DE LA FEMME - NUIT                                  
                                                                           
          L’HOMME se baisse et saisit un cadre dont le verre est           
          brisé. À l’intérieur, on discerne vaguement une photo de         
          famille.                                                         
                                                                           
          Il a du verre dans les pieds, mais n’y prête pas attention.      
          Il continue son chemin vers le lit, et grimace de douleurs à     
          chaque pas sans pour autant faire de bruit.                      
                                                                           
          Il percute un objet relativement lourd qui roule sur             
          lui-même un petit instant. C’est un godemichet.                  
                                                                           
                                                                           
          INT. BAR - NUIT                                                  
                                                                           
          Dans un bar quelconque. La FEMME sort des toilettes des          
          femmes au même instant qu’un AUTRE HOMME sort des toilettes      
          des hommes.                                                      
                                                                           
          Leurs regards se croisent furtivement avant de s’entremêler.     
          D’abord avec étonnement. Puis avec curiosité. Enfin, avec        
          défi.                                                            
                                                                           
          Ils s’embrassent langoureusement. On ressent la passion de       
          leur étreinte.                                                   
                                                                           
          Elle se termine, et la FEMME comme l’AUTRE HOMME repartent       
          dans des directions opposées, sans un mot.                       
                                                                           
                                                                           
          INT. CHAMBRE DE LA FEMME - NUIT                                  
                                                                           
          L’HOMME s’est arrêté le temps que le godemichet cesse de         
          rouler.                                                          
                                                                           
          Au son de la respiration toujours lente de la FEMME, il          
          reprend son chemin douloureusement et arrive au bord du lit.     
                                                                           
          Il commence à déboutonner son jean. On remarque quelques         
          taches de sang sur ses manches.                                  
                                                                           
                                                                           
          INT. CHAMBRE DE LA FEMME - JOUR                                  
                                                                           
          On voit un autre jean se faire lentement déboutonner. La         
          FEMME est celle qui le déboutonne avec un air malicieux. Il      
          s’agit du jean d’une AUTRE FEMME nue, allongée dans le lit.      
          La FEMME est en soutien-gorge.                                   
                                                                           
          Elles échangent des rires complices pendant que la FEMME         
          retire sensuellement le jean de l’AUTRE FEMME, prenant sa        
          culotte du même temps. Elle se penche lascivement en             
          direction de son entrejambe.                                     
                                                                           
                                                                           
          INT. CHAMBRE DE LA FEMME - NUIT                                  
                                                                           
          Débarrassé de son jean, en t-shirt et en caleçon, l’HOMME        
          s’allonge lentement au côté de la FEMME. Il fait toujours        
          très attention à ne pas la réveiller. La FEMME remue quelque     
          peu, mais ne rompt pas de sa position fœtale et lui fait         
          dos.                                                             
                                                                           
          Il reste un instant allongé sur le dos, contemplant le           
          plafond.                                                         
                                                                           
                                                                           
          INT. CHAMBRE DE L’HOMME - JOUR                                   
                                                                           
          Nous sommes dans une seconde chambre appartenant à l’HOMME.      
          Le décor est minimaliste, presque impersonnel. Les meubles       
          ne s’accordent pas entre eux. Seuls les murs sont décorés        
          par des peintures abstraites à la dominante noire montrant       
          des paysages éthérés.                                            
                                                                           
          L’HOMME est nu, la FEMME ne porte qu’un soutien-gorge. Elle      
          est semi-allongée dans le lit, lui assis sur le côté.            
                                                                           
                              FEMME                                        
                         (inquisitrice)                                    
                    Alors ?                                                
                                                                           
                              HOMME                                        
                         (légèrement essoufflé et                          
                         amusé)                                            
                    C’était ouf.                                           
                                                                           
                              FEMME                                        
                         (curieuse)                                        
                    Vraiment ?                                             
                                                                           
                              HOMME                                        
                         (amusé)                                           
                    J’ai jamais baisé comme ça. Une                        
                    semaine, sérieux ?                                     
                                                                           
          La FEMME sourit et plisse les yeux, défiante.                    
                                                                           
                              FEMME                                        
                         (inquisitrice)                                    
                    Ah t’appelles ça baiser ?                              
                                                                           
          L’HOMME est troublé par la question. La FEMME se lève,           
          cachant pudiquement ses formes pour chercher sa culotte.         
                                                                           
                              FEMME                                        
                    On a pas baisé là. On a fait                           
                    l’amour.                                               
                                                                           
                              HOMME                                        
                         (complice)                                        
                    Oui, clairement... On a fait                           
                    l’amour.                                               
                                                                           
          La FEMME remet sa culotte et pousse l’HOMME à la prendre         
          dans ses bras en s’allongeant.                                   
                                                                           
                              FEMME                                        
                         (détendue)                                        
                    Ton regard m’a fait jouir.                             
                                                                           
          Ils s’étreignent un court instant.                               
                                                                           
                              HOMME                                        
                         (rieur)                                           
                    Une semaine sérieux !                                  
                                                                           
                                                                           
          INT. CHAMBRE DE LA FEMME - NUIT                                  
                                                                           
          L’HOMME est allongé et tousse dans son poing fermé,              
          l’aspergeant de sang. Il n’en tient pas rigueur, et se           
          tourne vers la FEMME. Il pose son bras au-dessus d’elle, sa      
          main sur la sienne, et se rapproche pour l’étreindre. Elle       
          gigote doucement et pousse un petit bruit signifiant qu’elle     
          est heureuse de le sentir.                                       
                                                                           
          L’HOMME embrasse tendrement le cou de la FEMME avant de          
          mettre sa tête sur son oreiller. Il ferme les yeux.              
                                                                           
                                                                           
          INT. PIECE BLANCHE - JOUR                                        
                                                                           
          On voit la FEMME nue, entourée d’un halo de lumière dans une     
          pièce intégralement blanche dont on ne discerne pas les          
          limites. Elle plonge son regard directement dans celui du        
          spectateur, l’air malicieuse.                                    
                                                                           
                              FEMME                                        
                    On est potes, n’est-ce pas ?                           
                                                                           
                                                                           
          INT. CHAMBRE DE LA FEMME - NUIT                                  
                                                                           
          L’HOMME esquisse un léger sourire, d’où sort un mince filet      
          de sang coulant sur sa joue.                                     
                                                                           

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