L’apolitique de la maison

Comme je vous le disais dans le chapitre 6, j’ai des envies de retrouver cette transparence que j’ai toujours cherché à cultiver entre nous. Aussi me vient l’envie d’aplanir certaines choses sur ma personne, ma politique maison si vous voulez, afin que l’on parte sur de bonnes bases.

Tout est politique, paraît-il. Le simple fait de m’exprimer sur ce blog le serait auquel cas ? Qu’importe : j’avoue avoir peu de considération pour la politique, pour le simple fait que je ne me sens pas commentateur légitime. Je manque tout simplement de culture pour en parler.

Malgré tout, je ne suis pas assez innocent pour ignorer tous ces sujets qui animent ma timeline. Je commente peu, si ce n’est de manière sanguine, les rebondissements de l’actualité ou de la société par simple peur de m’approprier des combats qui seraient bien mieux menés par un autre. Cela ne m’empêche pas d’avoir ma politique maison.

Chère bouliche, je te déclare donc avec le moins de solennité possible que je me fiche éperdument de ton sexe, de tes croyances, de tes origines, de ta couleur de peau, de tes attirances sexuelles ou encore de la manière dont tu choisis de t’identifier. La seule chose qui m’importe est que tu fasses ce qui te rend heureux en respectant du même temps ton prochain.

Je me dois toutefois de préciser que j’abhorre, peut-être un brin déraisonnablement je dois bien l’admettre, les boîtes. Si je conçois que l’on puisse en avoir besoin, ne serait-ce que pour se sentir plus fort et pouvoir lutter contre l’oppression, le communautarisme a plus tendance à me repousser qu’à m’attirer, car je l’ai surtout observé créer un élitisme plus qu’un lien entre les gens.

Je crois ne pas aimer, le plus simplement du monde, la moindre chose pouvant nous faire croire que l’on est au-dessus de n’importe qui, que l’on a compris quelque chose que d’autres n’ont pas compris, que l’on possède une sagesse supérieure à la moyenne. Bref, je n’aime pas le mépris, ce qui est en parfaite contradiction avec ma propre apathie pour le genre humain. Peut-être suis-je une sorte d’humaniste désabusé, dans le fond : je suis persuadé que n’importe quelle personne a quelque chose d’intéressant à dire, pour peu qu’on lui pose la bonne question.

Qu’importe. Pour ce qui est de l’attirance, je ne fais que deux différences : le cul et l’amour. Ces deux entités peuvent être intimement liées, totalement séparées, tout en nuance, là n’est pas vraiment la question. J’utilise ces deux bases simplement pour connaître les intentions des gens qui m’entourent et pouvoir les comprendre : qu’il s’agisse d’un homme ou d’une femme au bout ne m’intéresse pas vraiment, c’est un détail dans la conversation que je veux avoir avec vous sur le sujet, ne pensez-vous pas ?

Quant à moi, je dois bien reconnaître n’avoir été attiré que par des femmes jusque là. Le seul but m’animant étant de trouver « la » personne, une idée incroyablement stupide au demeurant si l’on y réfléchit (mais dont je ne saurais pas me séparer), je ne veux malgré tout pas me fermer à une bonne moitié de la population. Qui sait Jean Paul, tu me feras craquer un jour.

Je suis par contre bien trop obsédé par l’idée de construire pour avoir une relation sans lendemain : les coups d’un soir ne m’intéressent pas, pour cette raison. Cependant, je ne vous jugerai jamais par ce prisme, mon prisme : j’essaie de comprendre les gens en me mettant à leur place autant que faire se peut, bien que cela puisse parfois être difficile de par la diversité des vies que nous vivons tous. N’est-ce pas là le plus intéressant chez les gens ceci étant ? J’en suis persuadé.

En parlant de diversité, il paraît que la couleur a son importance. Sur ce point, je ne fais là encore que deux différences, à croire que je suis binaire : les cons, et les autres. Pour le reste, les couleurs utilisées pour nous décrire nous, être humains, me paraissent tellement stupides en elles-mêmes dans leur logique et leur réflexion que je ne pourrais même pas essayer d’y accorder de l’importance. Votre histoire m’intéresse cependant, si tant est qu’elle vous intéresse vous. Je ne saurais par contre pas vous décrire la mienne, puisque je ne m’y suis pas intéressé. Je peux a minima vous dire que mon nom de famille, Lancelin-Golbery, est résultat d’une adoption et non pas une particule.

Le genre aussi, au passage, tiens. Je suis un « homme » ayant été principalement élevé par des femmes, dans deux familles sensiblement matriarcales, très proche de ma sœur et ayant toujours majoritairement traîné avec des femmes de par le fait que j’ai toujours eu des difficultés à trouver des hommes ayant les mêmes considérations que moi. Malgré tout, j’en ai évidemment trouvé et ceux-ci font partie de mes plus proches amis.

Il ne s’est pas passé une année de ma vie sans que je ne puisse constater, de mes propres yeux, à quel point le fait d’être un homme blanc est un privilège pour moi. Qu’il s’agisse de la différence de traitement pour sa couleur de peau, son sexe ou son orientation sexuelle, ne pas reconnaître la différence est pour moi de la malhonnêteté intellectuelle. Méprisant les boîtes, je suis bien sûr plus qu’attiré par une société égalitaire où l’on pourra tous insulter les cons en cœur et surtout en paix.

La religion est un sujet complexe dans mon esprit, c’est pourquoi je vous demanderai de me suivre jusqu’au bout avant peut-être de vous laisser guider par une réaction allergique. Pour le dire simplement : je déteste la religion, qu’importe le nom qu’elle prend. Les histoires de chacune d’entre elles m’exaspèrent et m’agacent tant je ne peux m’empêcher de pointer du doigt à quel point elles sont « humaines » : s’il y a un ou plusieurs dieux au-dessus de tout ce bordel, pourquoi leurs règles sont si putain d’humaines et aléatoires, semblant être sorties de la bouche d’un fou ? Vous avez compris la suite de mon raisonnement (qui est purement personnel) : parce que tout ce bordel a été créé par l’humain pour justifier parmi les pires actes de l’Histoire. Ce n’est pas de notre faute si nous sommes inhumains, c’est le mec d’en haut qui le demandait.

Malgré tout, je respecte énormément la foi. Quand bien même le religieux m’exaspère, la volonté pour une personne de transcender la bassesse humaine pour aspirer à une vie plus spirituelle et respectueuse, souvent basée sur l’amour dans la plupart de ces bouquins, est quelque chose contre lequel je ne me battrais jamais et qui au contraire me rend humble. Seulement, n’utilisez ce principe que pour faire le bien autour de vous, sans quoi vous rentrerez pour moi, dans ma conception, dans le cadre des gens souhaitant imposer leur vision du monde aux autres ; les cons, quoi. Inutile de le préciser : je ne crois en rien, si ce n’est peut-être la nature.

Au passage : je me fiche de la manière dont vous souhaitez vous identifier. Dites-moi tout bêtement ce que vous attendez de moi, et je m’exécuterai : je ne vois même pas pourquoi il faudrait réfléchir plus loin que cela. Encore une fois : faites ce que vous voulez, tant que ce n’est pas au détriment des autres.

Je pense sincèrement que nous sommes tous des petites fourmis, que chacun de nos problèmes est partagé par d’autres personnes dans ce monde, et que nous devrions nous en rappeler bien plus souvent. Je n’arrive pas à comprendre cette volonté de se croire unique que je ressens parfois : en quoi est-ce un mal de ne pas être grand-chose ?

C’est en cela que je trouve que notre rôle le plus important en ce bas monde est de tenter de faire autant de bien que possible autour de nous. Certains y arriveront à grande échelle, d’autres pour seulement une ou deux autres personnes à peine, mais une chose est sûre : le tout en profite.

La pensée inverse existe bien sûr : aussi partagé qu’il puisse être, nous vivons enfermés dans nos propres têtes bien égoïstement sur ce bas monde. Pourquoi ne pas alors embrasser ce ridicule en se focalisant sur le fait de se faire du bien à soi, et uniquement soi, sur cette courte période que sera notre vie ? Bien que je comprenne cette pensée…

Non. N’oublions pas malgré tout que nous sommes, avant même d’être des êtres humains, des animaux incroyablement sociables. Il serait tout simplement dommage de renier notre nature même pour aussi peu : ce n’est pas parce que nous ne sommes que des fourmis que nous devrions manquer d’ambition.

Que chaque petit insecte vive sa vie comme il l’entend, à chercher son propre bonheur pour couler des jours heureux dans son coin sans marcher sur son voisin pour cela. Et que la fourmilière se lève d’un seul bloc dès lors que la moindre source, intérieure ou extérieure, tente de le freiner.

La voici donc, ma politique maison. Ou du moins une petite partie collant à cette triste époque que nous vivons. Aussi changeant que je puisse être, aussi contradictoire qu’elle puisse vous paraître, c’est là les grandes lignes qui m’animent au quotidien sur ces sujets. Si celles-ci vous conviennent, je vous souhaite la bienvenue dans mon monde. Si elles ne vous conviennent pas, laissez-moi donc vous parler pour tenter de vous comprendre, tant que nous n’essayons pas de nous imposer l’un l’autre notre point de vue.

Car la seule chose qui m’intéresse véritablement est de récolter vos expériences, grandir à votre contact et tenter de me mettre à votre place autant que je le peux, sans jamais être à l’encontre de votre personne. Je ne crois pas aux généralités, je crois au partage de la subjectivité la plus intime. Si je peux qui plus est vous rendre heureux au passage, ne serait-ce que par le biais d’une simple vanne parfaitement ridicule, vous m’en verrez ravi.

Et si un jour je me détourne de cette voie, ou si l’un de mes discours ne semble pas y correspondre… Dites-le moi, tout simplement. Je suis loin d’être infaillible, et compte sur la sagesse de votre vécu pour m’aiguiller : il m’est bien impossible de grandir seul, comme la petite fourmi que je suis.

Mood musical

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